
Par Patrice D-P.
Il est des moments où parler de Présence est presque indécent.
Des moments où dire à quelqu’un : « Observe tes pensées », « Ne t’identifie pas à ta peur », « Reviens dans l’instant présent » peut être parfaitement juste… et pourtant totalement inaudible.
Parce que lorsque la vie vient brutalement frapper à la porte, ce n’est pas toujours de sagesse dont nous avons besoin en premier.
C’est d’une main.
D’une présence humaine.
D’un regard qui nous dit simplement : je vois ce que tu traverses.
Imagine une enseignante qui aime son métier, qui s’y investit depuis des années, qui accompagne des jeunes, prépare ses cours, transmet, écoute, encourage. Et puis une restructuration tombe. Administrative. Froide. Quelques lignes, quelques décisions prises ailleurs.
Et soudain, elle se retrouve avec un tiers-temps.
Le mental ne demande alors aucune autorisation.
Il part.
Comment vais-je vivre ?
Que vais-je devenir ?
Pourquoi moi ?
Et si cela durait ?
Comment vais-je payer ceci ou cela ?
À quoi ont servi toutes ces années ?
Que vaut encore mon travail ?
Que vais-je faire de ma vie ?
La peur n’est plus une idée philosophique.
Elle entre dans le ventre.
Alors non, ce n’est peut-être pas le moment de lui expliquer qu’elle doit observer ses pensées.
C’est le moment de l’aimer.
De lui permettre d’avoir peur.
De lui permettre d’être en colère.
De lui permettre de trouver cela injuste, absurde, violent.
L’éveil ne consiste pas à devenir imperméable aux tempêtes humaines.
La Présence n’est pas une technique destinée à supprimer immédiatement ce qui nous dérange.
Elle peut être infiniment plus simple.
Aujourd’hui, la Présence peut simplement murmurer :
« Oui. Cela fait mal. Et je reste avec toi. »
Voilà peut-être le commencement.
Ne rien exiger.
Ne pas demander à la peur de partir.
Ne pas transformer immédiatement la catastrophe en « merveilleuse opportunité d’évolution ».
Certaines phrases spirituelles, lorsqu’elles arrivent trop tôt, deviennent presque cruelles.
Laissons d’abord l’être humain reprendre son souffle.
Puis, un jour — demain, dans une semaine, dans un mois — quelque chose se desserrera peut-être.
Une minuscule ouverture apparaîtra.
Et ce jour-là seulement, une autre question pourra naître :
« Maintenant que cela est arrivé, qu’est-ce qui dépend encore de moi ? »
Pas : « Comment puis-je contrôler demain ? »
Mais :
Que puis-je faire aujourd’hui ?
Un appel.
Un renseignement.
Une démarche.
Une rencontre.
Un dossier.
Une porte à laquelle frapper.
Ou simplement prendre une douche, marcher une heure, pleurer, dormir et retrouver quelques forces.
Voilà aussi la Présence.
Car vivre dans l’instant présent ne signifie pas rester assis en méditation pendant que notre existence s’écroule.
Cela signifie parfois accomplir le prochain geste possible, sans essayer de résoudre toute notre vie en une seule journée.
Et surtout, il faudra se souvenir d’une chose essentielle :
Un contrat de travail peut être amputé. Pas un être humain.
On peut retirer des heures à une enseignante.
On ne lui retire ni son expérience, ni son intelligence, ni sa capacité de transmettre, ni les milliers de gestes accomplis, ni les regards d’élèves qu’elle aura éclairés, ni ce qu’elle est devenue à travers toutes ces années.
Son tiers-temps professionnel ne fait pas d’elle un tiers d’être humain.
Elle demeure entière.
Et c’est peut-être là que, doucement, sans discours et sans violence faite à sa souffrance, nous retrouvons la Présence.
Non comme une obligation d’aller bien.
Mais comme un sol sous nos pieds lorsque tout tremble.
Aujourd’hui, je ne sais peut-être pas comment ma vie va se réorganiser.
Je ne sais pas quelle porte s’ouvrira.
Je ne sais même pas encore si une porte existe.
Mais je suis là.
Entier.
Vivante.
Respirante.
Et aujourd’hui, cela suffit.
Demain n’a pas encore besoin de moi.
Lorsque demain arrivera, je serai là pour le rencontrer.
Un instant après l’autre.
Un pas après l’autre.
Et parfois, c’est ainsi que nous traversons les plus grandes tempêtes de notre existence :
non pas en sachant où nous allons,
mais en refusant simplement d’abandonner celui ou celle qui avance.
Nous-mêmes.
Avec tout mon amour et ma compassion,
Patrice
Sic itur ad astra. ✨


Vous aimez mon blog : abonnez-vous, faites abonner vos amis, vous recevrez automatiquement les nouveaux articles. Précisez votre adresse mail dans le tableau situé sur la droite de ce texte. Haut de page côté droit ==>
Vous aimez cet article ? Donner votre ressenti ICI.
Retrouvez la totalité des articles sur mon blog: https//vies-energies-accompagnement.com/blog
Contact : https://vies-energies-accompagnement.com/contact/
#spiritualité, #éveil, #santé, #Bienêtre, #coachingdevie, #accompagnement
Ce site ne peut fonctionner sans votre aide
Merci pour votre soutien !.
JE SOUTIENS CE SITE
