
FAIRE OU ÊTRE C’EST, LÀ,TOUTE LA DIFFICULTÉ . . .

Nous vivons dans un monde où tout semble devoir être « fait ». Faire pour exister, faire pour valider, faire pour mériter. Dès l’enfance, nous avons appris à mesurer notre valeur à travers nos actions, nos performances, nos résultats. Nous avons appris à être quelqu’un en fonction de ce que nous faisons. Et pourtant, dans les interstices du silence, quelque chose en nous se souvient que ce n’est pas là toute la vérité.
« Faire » appartient au domaine du mouvement, de la manifestation. « Être », lui, appartient à l’immobile, à ce noyau silencieux qui précède toute action. Quand nous faisons, nous projetons une intention dans le monde. Quand nous sommes, nous laissons le monde se révéler en nous. La difficulté, c’est d’habiter ce paradoxe : comment agir sans s’oublier ? Comment créer sans se perdre dans la création ?
Car l’être humain est un pont, non une frontière. Il est la rencontre vivante du visible et de l’invisible, du souffle et de la matière. Tant qu’il croit devoir choisir entre l’action et la présence, il demeure divisé. Mais lorsque l’action découle de l’être, elle devient prière, célébration spontanée. Le faire n’est plus alors un effort, mais une expression naturelle du silence intérieur.
Faire pour avoir fatigue.
Faire pour paraître enferme.
Faire à partir de l’être libère.
L’éveil consiste justement à inverser ce sens — à se souvenir que l’Être précède toujours le Faire. Ce n’est pas une doctrine, mais une expérience intime, souvent subtile, parfois bouleversante. Tout commence par une pause, par ce moment où l’on cesse de pousser la rivière. Là, dans l’espace nu de la présence, nous réalisons que ce que nous cherchions à accomplir à l’extérieur était déjà complet en nous. L’arbre ne lutte pas pour être arbre ; il pousse parce que c’est sa nature. Pourquoi croyons-nous devoir mériter ce que nous sommes déjà ?
Lorsque la conscience s’éveille à sa véritable identité, elle découvre que le faire n’a jamais été une obligation spirituelle, mais un jeu de la création. L’univers se déploie en mille formes, et nous faisons partie de ce déploiement. L’action devient un mouvement sacré, une danse entre la forme et l’informe. Alors, nous cessons d’utiliser le faire pour combler le vide ; nous laissons le vide engendrer le faire.
C’est là que se trouve la véritable liberté : lorsque l’action émane de la paix, et non de la peur du manque. Quand on agit par nécessité intérieure — non pour valider son existence, mais pour manifester la beauté de ce qui Est déjà — l’énergie s’aligne, les choses viennent d’elles-mêmes, et le monde devient un miroir bienveillant de notre état intérieur.
Mais attention : l’ego est un maître subtil. Il s’habille volontiers des apparences de l’« être spirituel ». Il peut transformer la quête de l’Être en une autre forme de faire : méditer pour atteindre un état, lire pour devenir plus conscient, purifier pour devenir digne. Il n’y a rien à atteindre — seulement à reconnaître. Tout effort de parvenir à « être » crée une tension qui éloigne du cœur même de l’être.
Être, c’est consentir à être là, tel que l’instant nous invite. C’est accueillir sans jugement, voir sans étiquette, respirer sans attente. Dans cette simplicité lumineuse, l’action juste émerge. Non pas réaction, mais réponse. Elle vient d’un espace où nous ne décidons plus seuls : la Vie agit à travers nous.
Alors oui, « faire ou être », c’est là toute la difficulté, mais c’est aussi la porte. La clé n’est pas de choisir l’un contre l’autre, mais de les réconcilier dans la conscience. Quand le faire naît de l’être, tout devient service. Écrire, parler, écouter, aimer — tout devient offrande. Chaque geste reflète la qualité de présence qui l’anime.
Le monde n’a pas besoin de plus de « faiseurs » ; il a besoin d’êtres éveillés qui fassent depuis la clarté de leur cœur. C’est ainsi que la matière se spiritualise, que la lumière s’incarne, que le ciel épouse la terre.
Être, c’est revenir à cette évidence : rien n’a jamais manqué. L’action juste n’est qu’une ondulation naturelle de l’océan de la Présence. Lorsque nous nous souvenons de cela, le faire et l’être cessent de s’opposer : ils deviennent un seul et même souffle.

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