
L’ATTENTE QUI NE VIENT PAS

Après des années de creusement, de défrichage intérieur, de nuits passées à retourner la terre de l’âme, on se redresse enfin. Les mains encore noires, le souffle plus lent, on regarde devant soi et l’on attend.
On attend que quelque chose arrive. Que la lumière promise descende. Que la porte s’ouvre. Que la vie, enfin alignée, dise : « Tu as fait le chemin, maintenant reçois.» Mais rien ne vient.
Ou plutôt : rien ne se montre. Car l’attente est là, si pleine, si brûlante, qu’elle se cache d’elle-même. Elle est devenue trop grande pour entrer dans la pièce. Trop désirée pour oser paraître.
Elle se tient juste derrière la porte, le front contre le bois, le cœur cognant si fort qu’elle n’ose pas frapper. De peur que le bruit trahisse sa présence. De peur que, si elle se révèle, on la regarde trop intensément et qu’elle s’évanouisse, comme une bulle de savon touchée par un doigt impatient. On l’a tellement voulue, cette délivrance, qu’on l’a rendue timide.
On l’a tant nommée dans le silence de nos méditations, tant invoquée dans nos larmes, tant sculptée dans nos prières, qu’elle est devenue sacrée. Et le sacré, on le sait, ne se laisse pas regarder en face sans trembler. Alors elle reste dans l’ombre, juste derrière nos paupières closes.
Elle respire au même rythme que nous, mais nous ne l’entendons pas. Elle marche dans nos pas, mais nous croyons encore marcher seuls.
Elle est l’absence la plus présente qui soit. Et c’est peut-être là, dans cette non-manifestation, que se joue le dernier acte du travail sur soi : apprendre à désirer sans retenir.
À attendre sans guetter. À laisser la porte entrouverte, sans se poster derrière pour vérifier si quelqu’un vient. Car un jour, sans crier gare, l’attente se lassera de se cacher.
Elle poussera doucement le battant, entrera pieds nus, et posera simplement sa tête sur notre épaule, comme une vieille amie qu’on n’avait pas reconnue. Et nous comprendrons alors que ce n’était pas elle qui tardait.
C’était nous qui, à force de la vouloir si fort, l’avions rendue invisible. Elle était déjà là. Depuis toujours. Simplement trop aimée pour oser se montrer.
J’espère que ce texte résonne en toi.
Patrice

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