
COMMENT LÂCHER INSTANTANÉMENT LE POIDS DU MONDE

l’illusion de porter le monde sur ses épaules
Le poids invisible de l’homme moderne
Permettez-moi de vous inviter à examiner une situation étrange et profondément humaine.
Il existe un poids, une lourdeur subtile, qui semble peser sur l’âme de l’homme moderne. Ce n’est pas un fardeau physique, mais une charge intérieure : la sensation d’avoir été désigné, mis à part par l’univers lui-même.
Nous payons cher notre capacité à être conscients de nous-mêmes. Le prix de la conscience de soi, c’est la possibilité d’être écrasé par sa propre identité. Car cette conscience est une arme à double tranchant :
d’un côté, la joie de savoir que l’on existe ;
de l’autre, la peur vertigineuse de devoir faire quelque chose de cette existence.
L’histoire du « choisi »
L’homme qui se croit choisi s’est forgé une identité extraordinairement lourde.
Quand nous parlons de fardeaux, nous pensons généralement à des charges visibles : le sac du travailleur, la valise du voyageur. Pourtant, le fardeau le plus écrasant qu’un être humain puisse porter n’est ni la pierre, ni le fer, ni même le poids du monde.
C’est le poids d’une histoire.
L’histoire d’être celui qui doit porter.
Celui qui doit comprendre.
Celui qui doit sauver.
Celui qui doit répondre de l’existence.
Cette conviction intime – « c’est moi » – engendre un vertige spirituel. L’individu a soudain l’impression que toute l’administration du cosmos lui a été confiée. Il se charge d’un poids plus lourd que la montagne, non parce que l’univers le lui a demandé, mais parce qu’il estime qu’un homme honorable doit le faire.
Les figures du héros fatigué
Nous retrouvons cet archétype partout :
dans les mythes du héros,
dans les prophètes au visage consumé par la responsabilité,
dans le dirigeant qui ne dort jamais,
dans l’artiste qui confond son œuvre avec son âme.
Nous admirons ce front plissé, cette mâchoire crispée. Nous appelons cela courage, force, noblesse. Mais est-ce réellement de la grandeur… ou une tragique méprise ?
Car l’homme « choisi » ne vit pas vraiment. Il endure la vie. Il a le sentiment de devoir justifier son existence, comme un locataire en retard de loyer dans l’univers. Chaque lever de soleil devient une épreuve. Chaque erreur, une faute. Chaque instant, un verdict.
Le fardeau n’est qu’une idée
Voici le point essentiel :
si l’on examine de près ce fardeau, on découvre un fantôme.
Ce poids écrasant n’est fait ni d’atomes ni de gravité.
C’est une pensée prise trop au sérieux.
Une idée répétée jusqu’à se solidifier en pierre… alors qu’elle n’est en réalité que fumée.
L’homme se hante lui-même. Il serre dans son poing un nuage et croit tenir du granit. Ce n’est pas la substance qui crée la lourdeur, mais la tension de la main qui se crispe.
Qui a posé ce fardeau sur vos épaules ?
Arrêtons-nous un instant :
Qui vous a jugé « choisi » ?
Les étoiles ?
La Terre ?
Un message divin ?
Ou bien êtes-vous simplement devenu si bon dans ce rôle que vous avez oublié que vous jouiez ?
Comme un acteur incarnant Hamlet avec tant de ferveur qu’il en oublie la scène et poignarde son oncle hors du théâtre.
L’ego : un outil devenu tyran
L’ego n’est pas un démon.
C’est un outil magnifique : il trace les contours de l’identité, permet de signer son nom, de rentrer chez soi, de traverser la rue. Mais lorsque l’outil se prend pour le tout, lorsque la carte croit être le territoire, la souffrance commence.
L’homme « choisi » ne se vit plus comme un enfant de l’univers, mais comme son architecte. Il tente de contenir l’infini dans les limites étroites de son concept personnel.
C’est le mythe d’Atlas : croire que le ciel repose sur ses épaules… en oubliant que le ciel n’a jamais eu besoin d’être soutenu.
La prison des miroirs
L’état intérieur de cet homme est une salle de miroirs.
Chaque pensée se reflète à l’infini.
Il s’inquiète de son inquiétude, puis s’inquiète de s’inquiéter… jusqu’à perdre tout contact avec la réalité vivante.
Il n’entend plus le monde, seulement l’écho de sa propre importance.
La libération : poser ce qui n’a jamais été porté
Et pourtant, si ce fardeau a été construit pierre après pierre, il peut être défait.
Mais l’homme s’est attaché à ses chaînes. Il aime la romance tragique d’être Atlas. Cela lui donne un sens.
Alors que se passe-t-il lorsque l’effort devient insoutenable ?
Il pose enfin le sac.
Il regarde de près ce qu’il portait…
et découvre qu’il n’y a rien.
L’illusion se dissout.
Il comprend :
Il n’a jamais porté la vie.
C’est la vie qui le portait.
Vous n’êtes pas celui qui soutient l’univers
Vous n’étiez pas une feuille isolée tentant de nourrir l’arbre.
Vous étiez l’arbre tout entier.
Vous n’étiez pas une note essayant de diriger la symphonie.
Vous étiez la musique.
Le fardeau disparaît au moment précis où l’on voit qu’il n’a jamais existé.
La danse, enfin
La vie n’est pas un problème à résoudre.
Elle est une danse.
L’homme « choisi » voulait danser au métronome, compter les pas, contrôler le rythme. Mais la vie est musique, pas marche militaire. Elle demande d’être ressentie, non dominée.
Lorsque la main s’ouvre, l’eau reste.
Lorsque l’effort cesse, le flot porte.
Et alors surgit le rire — non pas un rire amer, mais le rire lumineux de celui qui découvre que le grand illusionniste était son propre ego.
Conclusion : la fin du fardeau
Vous n’avez jamais porté le monde.
Le monde vous portait.
Et lorsque cela est vu, vraiment vu, le poids disparaît.
Non parce qu’il a été vaincu,
mais parce qu’il n’a jamais été à vous.

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