
RECHERCHER LE BONHEUR LE FAIT FUIR…

Nous passons une grande partie de nos vies dans un état de poursuite permanente. Toujours en train de courir après quelque chose, les bras tendus vers un horizon scintillant qui semble reculer à mesure que nous avançons. Nous pouvons comparer cette condition à des enfants assis à l’arrière d’une voiture lors d’un long voyage, demandant sans cesse : « On est arrivés ? » Mais arrivés où, exactement ?
L’ILLUSION D’UN BONHEUR FINAL
Nous entretenons une idée floue du bonheur comme d’un état stable, durable, presque définitif. Non pas une émotion passagère, mais une sorte de plateau où le soleil ne se couche jamais et où rien ne manque. Nous croyons que si nous organisions parfaitement notre vie — le bon travail, le partenaire idéal, la maison rêvée, un compte bancaire rassurant — alors, enfin, nous pourrions nous détendre. Enfin vivre.
Mais cette promesse ne se réalise jamais vraiment. Dès que l’objectif est atteint, le seuil se déplace. La nouveauté s’évapore. Ce qui semblait être la clé du salut devient ordinaire. Et l’esprit, insatiable, cherche déjà la prochaine chose.
LE PLAISIR NE PEUT PAS ÊTRE POSSÉDÉ
Le plaisir n’est pas un objet que l’on range dans sa poche. C’est une réponse, une relation, un contraste. Il n’existe que par rapport à son opposé : la douleur. Comme il n’y a pas de son sans silence, ni de mélodie sans intervalles.
Tenter de figer le plaisir revient à vouloir maintenir une seule note de musique indéfiniment. Ce ne serait plus de la musique, mais du bruit. La beauté réside dans le mouvement, l’alternance, la montée et la descente.
Pourtant, dans notre quête effrénée du bonheur, nous essayons précisément cela : figer la crête de la vague sans accepter le creux.
LE MYTHE DE LA VIE COMME DESTINATION
Notre culture nous a transmis un mythe puissant : la vie serait un trajet depuis un présent pénible vers un futur radieux. Le quotidien devient un moyen, le bonheur une fin. On vit pour le week-end, pour les vacances, pour la retraite.
Résultat : nous passons notre existence à nous préparer à vivre, sans jamais vivre vraiment.
Cette poursuite est intrinsèquement contradictoire : plus on cherche le plaisir, plus il s’éloigne. Et lorsqu’on croit l’avoir trouvé, la peur de le perdre s’installe.
LE MOI SÉPARÉ : LA RACINE DU PROBLÈME
Cette impasse vient d’une illusion fondamentale : celle d’être un « moi » séparé du monde. Un petit ego enfermé dans un corps, confronté à un univers extérieur, vaste et indifférent.
Notre langage renforce cette illusion : « je vois la montagne » semble impliquer un sujet, une action et un objet distincts. Mais en réalité, le voyant et le voir ne sont pas séparés.
Vous n’êtes pas une chose qui ressent : vous êtes le ressenti. Vous n’êtes pas un objet qui pense : vous êtes la pensée en mouvement.
VOUS ÊTES UN PROCESSUS, PAS UNE CHOSE
Pour mieux comprendre, utilisons l’image du tourbillon dans une rivière. Il a une forme reconnaissable, mais il n’est rien d’autre que la rivière en action. De la même façon, l’être humain est quelque chose que l’univers est en train de faire.
Vous êtes à l’univers ce que la vague est à l’océan.
Lorsque nous nous percevons comme séparés, nous cherchons désespérément à nous sécuriser par le plaisir, l’amour, le statut ou la reconnaissance. Mais cette quête ne peut jamais combler le vide, car le vide lui-même est une illusion.
CESSER DE SAISIR, APPRENDRE À DANSER
La solution n’est pas de renoncer au plaisir, ni de devenir austère. Elle consiste à cesser de s’y agripper. On ne peut pas posséder une vague, seulement danser avec elle.
La joie ne se trouve pas dans des instants arrachés au temps, mais dans le flux même de l’existence. Dans l’acceptation du mouvement complet : lumière et ombre, montée et chute.
Cela implique de lâcher l’illusion du contrôle. Et cela peut faire peur, car l’ego vit ce lâcher-prise comme une mort. Mais c’est la mort d’une fiction.
LA JOIE COMME GRÂCE, NON COMME 0OBJECTIF
La joie véritable n’est pas quelque chose que l’on obtient. Elle survient lorsque la séparation entre « moi » et « le monde » s’efface, ne serait-ce qu’un instant.
À cet instant, la poursuite cesse. Car que pourriez-vous encore chercher, puisque vous êtes déjà ce que vous cherchiez ?
La vie cesse alors d’être un problème à résoudre. Elle devient une danse à habiter.
JOUER LE JEU, MAIS LÉGÈREMENT
Concluons par une invitation subtile : prendre la vie au sérieux, mais pas gravement. Comme un musicien qui joue avec engagement, tout en laissant place à la spontanéité.
Le sens de la vie n’est pas un objectif caché à atteindre. Le jeu est le sens. La danse est la finalité.
La prochaine fois que l’envie de courir après quelque chose surgit, posez-vous simplement cette question :
« Qu’est-ce qui manque vraiment, ici et maintenant ? »
Bien souvent, vous découvrirez que ce n’est pas le moment qui pose problème, mais votre refus de l’accueillir.
Vous êtes déjà chez vous.
Vous ne l’avez jamais quitté.
Le voyage est terminé — parce qu’il n’a jamais réellement commencé.

Vous aimez mon blog : abonnez-vous, faites abonner vos amis, vous recevrez automatiquement les nouveaux articles. Précisez votre adresse mail dans le tableau situé sur la droite de ce texte. Haut de page côté droit ==>
Vous aimez cet article ? Donner votre ressenti ICI.
Retrouvez la totalité des articles sur mon blog: https//vies-energies-accompagnement.com/blog
Contact : https://vies-energies-accompagnement.com/contact/
Ce site ne peut fonctionner sans votre aide
Merci pour votre soutien !.
JE SOUTIENS CE SITE
