
Par Patrice D-P.
Vouloir savoir qui l’on est de façon claire, en recourant à des moyens extérieurs — tarots, voyants, divination, lectures, oracles — n’est pas être dans la Présence.
C’est, au contraire, une forme raffinée de fuite.
Le moi cherche une définition, une carte, un miroir qui lui confirmerait enfin son identité. Cette quête n’est pas anodine : elle est vécue comme une torture douce et constante.
Chaque consultation, chaque tirage, chaque réponse reçue ouvre un instant de soulagement, puis referme la boucle. Le doute revient, le besoin de confirmation aussi. On n’est jamais assez sûr. On n’est jamais assez « clair ».
Ce mécanisme est profondément ancré. Toute notre vie vécue avec notre moi a été un programme pour devenir qui l’on voulait être.
L’enfant, l’adolescent, l’adulte ont tous orienté leurs actions, leurs choix, leurs renoncements vers une image future de soi.
« Je veux être libre »,
« je veux être reconnu »,
« je veux être en paix »,
« je veux savoir qui je suis ».
Ce que l’on veut devenir génère précisément ce que l’on fait pour y arriver. Le désir de clarté produit la recherche. La recherche produit de nouveaux désirs.
Le cercle se referme sur lui-même, et la Présence demeure inaccessible parce qu’elle n’est jamais l’objet d’une volonté.
Dans la Présence, quelque chose de radical se produit : la volonté personnelle sur Soi se dissout. Celui qui a lâché prise ne cherche plus à se définir, à se corriger, à se réaliser.
Il n’y a plus de projet sur l’identité. Le « je » qui voulait savoir, devenir, se sécuriser, n’est plus aux commandes.
Ce n’est pas un effort de renoncement ; c’est une évidence qui s’impose quand le mouvement de recherche s’épuise de lui-même.
On ne décide pas de lâcher prise. On constate simplement que la main qui tenait le bâton de la volonté n’a plus rien à saisir.
Se désintéresse-t-il alors de son futur ?
Non. Il cesse seulement de le coloniser.
Le futur n’est plus un territoire à conquérir pour confirmer une image de soi. Il n’est plus le lieu où « je » deviendrai enfin qui je suis. Les actions continuent — parfois avec une précision et une justesse surprenantes — mais elles ne sont plus portées par le besoin de se réaliser.
Elles émergent de ce qui est là, sans arrière-plan d’insécurité ou de projet identitaire.
On peut prévoir, organiser, choisir, sans que ces mouvements soient animés par la peur de manquer ou le désir d’être quelqu’un.
La différence est subtile et totale à la fois.
Là où le moi projetait un futur pour se sauver de son incertitude présente, la Présence laisse le futur ouvert, non revendiqué.
Il n’y a plus de programme « pour être qui on voulait ».
Il y a simplement ce qui se déploie, sans propriétaire.
L’intérêt pour ce qui vient n’a pas disparu ; c’est l’angoisse de devoir y devenir quelqu’un qui s’est éteinte. On n’est plus en avance sur soi-même.
On n’est plus en retard non plus. On est là, et le reste — y compris demain — se présente sans que personne ait besoin de le saisir.
C’est peut-être la liberté la plus radicale : non pas l’indifférence au futur, mais la fin de la torture qui consistait à vouloir s’y trouver déjà, clair et accompli.
Avec tout mon amour,
Patrice.

Vous aimez mon blog : abonnez-vous, faites abonner vos amis, vous recevrez automatiquement les nouveaux articles. Précisez votre adresse mail dans le tableau situé sur la droite de ce texte. Haut de page côté droit ==>
Vous aimez cet article ? Donner votre ressenti ICI.
Retrouvez la totalité des articles sur mon blog: https//vies-energies-accompagnement.com/blog
Contact : https://vies-energies-accompagnement.com/contact/
#spiritualité, #éveil, #santé, #Bienêtre, #coachingdevie, #accompagnement
Ce site ne peut fonctionner sans votre aide
Merci pour votre soutien !.
JE SOUTIENS CE SITE
