
Par Patrice D-P.
Qui décide réellement quand nous avons l’usage du libre arbitre? Moi? Mon ego? Mon inconscient, ma conscience? Mon éducation? les empreintes de ma famille?
C’est une question qu’on me pose souvent en accompagnement, et peut-être vous la posez-vous ce soir : qui décide vraiment en nous ?
Quand vous choisissez de changer de vie, d’exprimer une colère, d’aimer quelqu’un ou de bifurquer à un carrefour… qui tient le volant ? Est-ce vous ? Votre ego ? Votre inconscient ? La voix de vos parents qui résonne encore sous le couvercle de vos choix ?
Regardons les choses en face. Une immense partie de ce que nous appelons « nos décisions » n’est qu’un assemblage d’automatismes. Regardez votre éducation, les règles implicites de votre enfance, les loyautés invisibles envers votre lignée familiale. Combien de fois croyez-vous agir librement alors que vous ne faites que rejouer un scénario écrit bien avant votre naissance ? Vous pensez choisir la sécurité par sagesse, mais c’est parfois la peur transmise par un grand-père qui décide pour vous. Vous pensez choisir l’autonomie, mais c’est votre ego qui se braque pour ne pas souffrir.
Et puis, il y a la neuroscience et la psychologie qui nous le rappellent sans détour : l’inconscient traite des millions d’informations avant même que la pensée consciente n’émerge. Il anticipe, calcule, protège, ajuste. Bien souvent, la décision est déjà prise dans l’ombre. L’ego, lui, arrive une fraction de seconde plus tard. Il enfile son costume de chef d’orchestre, bombe le torse et dit : « C’est moi qui ai choisi. » C’est une illusion rassurante, mais ça reste une illusion.
Alors, faut-il en conclure que le libre arbitre n’existe pas ? Qu’il n’est qu’une chimère pour nous consoler de notre condition de marionnettes conditionnées ?
Pas tout à fait. Et c’est là que le chemin de l’éveil prend tout son sens.
Le libre arbitre ne réside pas dans nos automatismes. Il ne se trouve ni dans l’inconscient qui réagit, ni dans l’ego qui cherche à tout maîtriser pour se rassurer. Le libre arbitre naît au moment exact où la conscience s’éveille au processus.
Avoir du libre arbitre, ce n’est pas contrôler le vent. C’est réaliser qu’on est en train de se faire emporter par lui, et décider — enfin — de poser un geste en toute présence. C’est cet espace infime mais sacré entre le stimulus et la réponse.
Tant que vous êtes en pilote automatique, mené par vos blessures, vos mémoires familiales et vos croyances d’emprunt, votre libre arbitre est nul. Vous ne choisissez pas : vous réagissez. Mais au moment où vous vous arrêtez, où vous observez la peur sans la laisser décider, où vous voyez l’ego s’agiter sans lui céder le pouvoir… là, un espace se crée.
C’est la conscience pure. Ni votre histoire, ni vos conditionnements. Juste la présence.
À cet instant précis, le libre arbitre cesse d’être un concept philosophique pour devenir une pratique spirituelle. Vous ne décidez plus depuis vos réactions passées, mais depuis la clarté du présent. Vous ne cherchez plus à avoir raison, vous choisissez d’être libre.
Alors la prochaine fois que vous aurez une décision importante à prendre, ne demandez pas à votre mental de trancher trop vite.
Posez-vous, respirez, et observez : qui parle en moi à cet instant ?
Laissez les voix du passé se taire.
Retrouvez le silence.
C’est là, et là seulement, que commence votre véritable liberté.
Avec tout mon amour,
Patrice

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