
Par Patrice D-P.
La patience n’est pas l’attente figée.
Elle n’est pas non plus la résignation.
La patience est l’art d’accueillir un rythme qui n’est pas toujours le nôtre — celui de la vie, celui de l’autre, et parfois même celui de soi-même lorsque l’âme avance plus lentement que le mental le voudrait.
Sur un chemin d’éveil, cette patience devient essentielle.
Car nous aimerions parfois aller vite.
Nous avons compris quelque chose, ressenti une ouverture, vécu un instant de Présence particulièrement profond et, aussitôt, le mental s’en empare : « Voilà ! J’ai compris. Maintenant, je devrais pouvoir vivre ainsi tout le temps. »
Mais l’éveil ne fonctionne pas ainsi.
On n’achète pas un billet de TGV pour la conscience avec une arrivée prévue trois jours plus tard en gare de l’Illumination !
Il existe des compréhensions qui surgissent en une seconde… et qui demanderont des mois ou des années pour descendre jusque dans chacune de nos cellules.
Car comprendre n’est pas encore intégrer.
Voir n’est pas encore incarner.
Et entre les deux se trouve le temps du dévoilement.
La patience est
La patience est cette force tranquille qui nous permet de continuer sans exiger immédiatement le résultat.
Elle est confiance.
Elle est persévérance sans crispation.
Elle est la capacité de regarder le chemin parcouru plutôt que de fixer constamment le sommet restant à atteindre.
Elle est cette douceur avec laquelle nous pouvons nous dire :
« Je ne suis peut-être pas arrivé là où mon mental voudrait être, mais regarde déjà d’où je viens. »
Alors quelque chose change.
Nous découvrons que certaines peurs qui nous dominaient autrefois n’ont plus la même puissance.
Que certaines blessures ne gouvernent plus chacune de nos réactions.
Que nous sommes capables de rester silencieux là où autrefois nous aurions voulu avoir raison.
Que nous pouvons accueillir une émotion sans immédiatement devenir cette émotion.
Que nous revenons plus facilement au Présent.
Ce sont parfois de minuscules transformations.
Mais ce sont elles qui témoignent du chemin véritable.
La patience n’est pas
La patience n’est pas tout accepter.
Elle n’est pas renoncer à agir.
Elle n’est pas s’asseoir au bord du chemin en attendant qu’un miracle accomplisse le travail à notre place.
Elle n’est surtout pas une excuse pour ne plus avancer.
La patience marche.
Simplement, elle ne court pas après elle-même.
Elle accomplit ce qui doit être accompli aujourd’hui et ne réclame pas à demain de lui apporter immédiatement les fruits de ce qu’elle vient à peine de semer.
Regarde la nature.
Aucune graine ne se met en colère parce qu’elle n’est pas encore un arbre.
Elle germe.
Elle pousse.
Elle traverse la terre.
Elle rencontre la pluie, le froid, le soleil, le vent.
Et lentement, silencieusement, elle devient ce qu’elle portait déjà en elle.
Notre éveil ressemble à cela.
Comment cultiver la patience ?
D’abord en cessant de mesurer notre chemin avec celui des autres.
Chacun possède son rythme, son histoire, ses résistances, ses blessures, ses ouvertures et ses temps de maturation.
Ensuite, en apprenant à regarder les transformations minuscules.
Pas seulement les grandes expériences spirituelles.
La colère qui dure dix minutes au lieu de trois jours.
La peur que nous observons sans la nourrir.
Le jugement que nous voyons apparaître avant de le laisser partir.
La respiration consciente qui nous ramène soudain ici.
Un « non » enfin prononcé.
Un pardon devenu possible.
Un instant de silence véritable.
Voilà les bornes du chemin.
Et puis il faut parfois accepter de ne rien voir.
Certaines transformations travaillent profondément sous la surface.
Nous croyons stagner alors que quelque chose en nous se réorganise.
Nous croyons attendre alors que nous mûrissons.
Nous croyons être immobiles alors qu’un ancien voile est déjà en train de devenir transparent.
C’est peut-être là que la patience devient véritablement spirituelle.
Lorsqu’elle cesse d’être une attente pour devenir confiance.
Confiance dans le travail accompli.
Confiance dans la conscience qui s’ouvre.
Confiance dans ce qui se dévoile lorsque nous cessons de vouloir arracher les voiles nous-mêmes.
Il n’y a donc rien à précipiter.
Continuons simplement à marcher.
Un pas.
Puis un autre.
Présents à celui-ci sans exiger de connaître le nombre de pas qui nous séparent encore du sommet.
Et peut-être découvrirons-nous un jour quelque chose d’étonnant :
nous étions tellement occupés à vouloir arriver que nous n’avions pas compris que chaque pas conscient était déjà l’arrivée.
La patience n’est donc pas l’art d’attendre l’éveil.
Elle est l’art de lui laisser le temps de nous révéler que nous étions déjà en chemin vers ce que nous sommes.
Avec tout mon amour,
Patrice.

Ainsi va-t-on vers les étoiles. ✨🌟

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