
Chers amis,
Un jour, dans une conversation imaginaire, la question a été posée à Dieu :
« Les humains sont devenus très préoccupés par les pronoms. Nous avons longtemps utilisé le pronom “Il” pour parler de Toi. Es-tu d’accord avec cela ? Quel est Ton pronom ? »
Et dans le silence de cette conversation intérieure, une réponse est venue, non pas sous la forme d’un mot, mais d’une invitation plus profonde :
« Peux-tu être conscient, en plus d’être conscient des perceptions sensorielles, de toi-même en tant que la conscience qui perçoit tout cela ? Peux-tu sentir l’être que tu es, ici et maintenant, derrière toutes les perceptions ? »
Ce que nous appelons Dieu ne peut être réduit à un pronom. Le mot même de « Dieu » évoque trop facilement une entité, quelque chose de localisé dans l’espace et le temps, un « Il » quelque part. Mais ce n’est pas cela.
Au plus profond de nous existe ce que l’on pourrait appeler le profond « Je ». Ce n’est pas le petit moi psychologique, ni le corps, ni l’histoire personnelle. C’est la conscience pure, la présence immobile qui sous-tend toute expérience. C’est comme la toile sur laquelle tout le film de la vie est projeté. Elle est toujours là. Elle n’a jamais été absente. Elle n’a pas besoin d’être atteinte. Elle n’a qu’à être découverte.
Cette découverte n’est pas un accomplissement qui demande du temps. C’est un dévoilement de ce qui est déjà présent sous le bruit du monde et le bruit du mental.
Lorsque nous disons « sois conscient de ta conscience », le langage crée immédiatement une dualité : un sujet qui regarde un objet. Mais en réalité, il n’y a pas « toi » et « la conscience ». Tu es la conscience. La conscience devient consciente d’elle-même. Et cela, c’est toi.
C’est ce que Jésus pointait lorsqu’il disait : « Avant qu’Abraham fût, Je Suis. »
Il ne parlait pas de son corps, qui est né et qui est mort. Il pointait vers le « Je Suis » éternel, la présence pure qui n’a ni commencement ni fin.
C’est aussi ce que Moïse a entendu au sommet de la montagne. Lorsqu’il a demandé : « Qui es-tu ? Quel est ton nom ? », la réponse a été : « Je Suis celui qui Suis. » Et plus tard : « Dis-leur que le “Je Suis” t’a parlé. »
Le pronom de Dieu est « Je ». Et c’est aussi le nôtre, lorsque nous cessons d’ajouter quelque chose après le « Je Suis ». Pas « Je suis ceci » ou « Je suis cela ». Simplement : Je Suis.
Dans cette simple reconnaissance, une grande paix se révèle. Une paix qui n’est pas créée par les circonstances, mais qui est la nature même de notre être le plus profond.
Nous ne sommes pas seulement ce petit personnage qui marche à la surface de la vie. Nous sommes connectés, dans le profond « Je », à la totalité de la vie, à la Source de toute vie.
Que cette reconnaissance devienne plus vivante en nous, non pas comme une idée, mais comme une présence silencieuse et rayonnante au cœur de chaque instant.

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